Comment vous sentez-vous depuis votre retour chez Renault ?
F.A. : Très bien. Je me suis toujours très bien senti dans l'équipe par le passé. Je n'étais pas champion du monde lorsqu'il j'y suis arrivé. Ils m'ont toujours soutenu, respecté ; j'y ai toujours été heureux et vraiment très confortable. Je me sens très calme ici. Ça fait trois ans que je me bats pour le championnat, c'est une chance et ça me rend plus relax. Il y a trois ans, j'étais plus nerveux, c'est sûr. Je reviens avec la même approche. Ils me respectent, m'aident. Je suis sûr qu'ils mettront 100 pour cent de leurs efforts sur la voiture pour progresser.
Pourquoi avez-vous choisi Renault pour 2008 ?
F.A. : Tout d'abord, je savais pertinemment que je n'avais des opportunités qu'avec des teams qui ne gagnaient pas, car seuls Ferrari et McLaren pouvaient le faire l'an dernier. Je savais donc que l'équipe que j'allais choisir devait faire un grand pas en avant. Avec Renault, l'avantage est que je connaissais tout le monde et que je pouvais travailler avec les ingénieurs dès le premier jour, avec un bon feeling. Et puis, j'ai toujours été compétitif avec eux. Il y a quatorze mois, nous avons gagné le championnat ensemble. Ils savent comment faire une bonne voiture et gagner des courses. Renault était donc ma seule possibilité "safe".
Avez-vous hésité ?
F.A. : Presque dès le départ, j'ai su que c'était Renault. Après le Grand Prix du Brésil (ndlr : le dernier de 2007), j'ai pris deux semaines de vacances et en rentrant, j'ai regardé les offres qui m'étaient faites. La Formule 1 n'est pas un univers facile. Il faut prendre son temps, choisir calmement.
Quelles sont les raisons pour lesquelles Renault n'a pas gagné en 2007 ?
F.A. : La voiture n'était tout simplement pas assez rapide. Je suis sûr de ça. Fisichella et Kovalainen n'y étaient pour rien.
Comment abordez-vous 2008 ?
F.A. : Certains considèrent que j'ai une revanche à prendre sur 2007, ce n'est pas mon approche. Je me prépare comme les autres saisons : en me concentrant sur mon travail. Notre travail hivernal dictera notre compétitivité au départ du championnat, et c'est ce qui compte pour moi. Mais je suis un compétiteur, j'aime gagner. Je n'aime pas finir deuxième, et encore moins cinquième ou sixième.
Où se situe la R28 par rapport à la concurrence ?
F.A. : Ferrari et McLaren sont devant. Ils l'étaient l'année dernière et le sont encore, à ce que j'ai vu lors des premiers tests. Pour le moment, nous sommes loin d'eux, 0.8 sec à 1 sec, ce qui est trop à mon goût. Nous pouvons sans problème gagner 0.2 à 0.3 sec lors des prochains essais. Nous ne comptons pas gagner à Melbourne, c'est impossible. Nous verrons comment évolue la voiture en cours de saison, et ce que nous pourrons alors espérer. Mais je pense que je peux déjà apporter des choses sur la voiture. J'arrive avec quelques idées qui, je pense, vont permettre de gagner quelques dixièmes. Je suis sûr que la voiture va progresser en février et début mars avec tout ce que nous allons modifier et introduire comme nouvelles pièces.
Est-ce que les nouvelles règles (ndlr : interdiction de l'anti-patinage, etc) vont changer des choses en piste ?
F.A. : Je ne pense pas. Les teams y sont préparés depuis longtemps, et nous sommes dans une bonne situation, même si notre charge de travail est énorme. Les pilotes ont tout l'hiver pour ajuster leur style de pilotage et seront prêts pour Melbourne. Après deux ou trois courses, on aura oublié ça. Cependant, je pense que les courses seront plus spectaculaires.
La donne change aussi avec l'interdiction du launch control...
F.A. : Nous verrons bien. Melbourne sera notre premier départ sans launch control. Nous étions rapides par le passé car notre système était meilleur que les autres. La Renault partait un peu mieux et nous en tirions souvent avantage. Ça va dépendre maintenant des pilotes, même si les ingénieurs pourront un peu aider en termes de cartographie, et de ce qui leur reste comme paramètres à disposition. Le départ est devenu quelque chose d'ouvert. Avant, si on faisait un mauvais départ, on perdait une place. Désormais, si on patine on en perdra cinq ou six. Je suis impatient de voir ce que ça va donner.
Quelle est la différence entre la McLaren de l'an passé et la Renault ?
F.A. : Impossible de comparer. Quand j'ai repiloté (ndlr : pour la première fois depuis la fin du championnat 2007), c'était avec la Renault, sans anti-patinage ni assistance électronique de frein moteur. Ça change tellement par rapport à l'ancien règlement que je ne peux vous dire.
Est-ce que Renault va privilégier vos chances aux championnats Pilotes ?
F.A. : Non, absolument pas. Ce n'est pas la philosophie de Renault. Pour toute équipe, la priorité est de marquer le plus de points au championnat Constructeurs. Et puis, si elle peut se battre pour le titre Pilotes, elle le fait. Je connais bien Flavio, je sais qu'il ne se passera rien d'étrange. Il donnera toujours un maximum de possibilités à chaque pilote.
Que pensez-vous de Nelson Piquet Jr ?
F.A. : Nous n'avons pas encore trop travaillé ensemble car nous n'avions qu'une seule R28 à se partager jusqu'à présent, mais ça va changer dès les prochains tests. Nelson est quelqu'un de très normal.
Craignez-vous des problèmes avec Nelson comme vous en avez eus avec Lewis Hamilton ?
F.A. : Non, car Renault sait communiquer et l'un des points forts de Flavio [Briatore] est de savoir prévenir, gérer les conflits. Il n'y aura aucun problème.
Dans quelle langue parlez-vous avec Nelson ?
F.A. : Anglais, portugais, espagnol et italien (rires).