Comment trouvez-vous Fernando Alonso depuis son retour ?
Flavio Briatore : Fernando est plus expérimenté, il a gagné en maturité. Il est très concentré, très motivé. Je suis ravi de voir la façon dont a changé. Il nous avait quittés pour connaître une nouvelle expérience, car chacun a besoin de quelque chose de différent dans sa vie, à un moment. C'est aussi simple que ça. Il a fait du très bon boulot l'an dernier, son équipe était bonne. Il m'est impossible de dire s'il était heureux ou pas, et pourquoi ; ce qui s'est passé chez McLaren n'est pas mes affaires.
Alonso a un statut de pilote numéro un ?
F.B. : Je ne veux pas nommer de pilote numéro un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept Les deux titulaires travaillent ensemble, pour l'équipe. Simplement, Fernando est champion du monde et Nelsinho représente l'avenir. L'an dernier, il n'a pas couru ; il a 22 ans, beaucoup à apprendre ; il est futé, très intelligent. S'il se montre rapide, il sera en mesure de gagner des courses. La situation est claire, l'ambiance est bonne entre eux, et je les soutiens de la même façon.
Pourquoi a-t-il choisi de revenir ?
F.B. : Parce que je le connais très bien et qu'il avait besoin de se sentir bien dans une équipe après un an passé chez McLaren.
Est-ce vrai qu'il est désormais le pilote le mieux payé de l'histoire de la Formule 1 ?
F.B. : C'est faux. Et ce n'était pas pour lui une question d'argent. D'autres équipes lui proposaient bien plus que nous.
Pourquoi avoir pris Piquet plutôt que gardé Kovalainen ?
F.B. : Avec Fernando, ça a plus de sens d'avoir un rookie comme Piquet. Nous aimons vraiment beaucoup Heikki. Nous avons discuté avec lui et pris la décision. Pour nous, Nelson représente le futur.
Votre société gère les carrières de Kovalainen et Alonso. Y-a-t-il eu des problèmes pour faire l'échange ?
F.B. : Aucun. McLaren utilisait un de nos pilotes, ce qui signifie que c'est la continuité (rires) !
Alonso va-t-il être spécialement motivé par ce qui s'est passé pour battre McLaren ?
F.B. : Certains pilotes tirent 80 pour cent d'une voiture, d'autres 90 pour cent. Avec Fernando, c'est 100 pour cent. Avec lui, on connaît la limite de la voiture. C'est très important. Cependant, il ne s'agit pas que de limite de la voiture mais de direction de travail, aussi. Et à ce niveau, Fernando a une compréhension géniale de l'auto. Avec Nelsinho, il forme une paire fantastique. Ce que Fernando apporte à l'équipe, c'est énorme de motivation.
Quels sont les points faibles sur la R27 qui ont été corrigés sur la R28 ?
F.B. : Il y en avait plein, et ce n'était pas difficile de les identifier ! La R27 était lente. Mais je ne suis pas technicien. Nous avons travaillé dur sur la R28, changé beaucoup de choses et seule la première course dira si nous avons bien travaillé. Je remarque que lors des présentations, les autres équipes ont passé leur temps à dire : "Notre voiture est fantastique, fantastique, fantastique." Moi, je ne sais pas. Nous avons couvert beaucoup de kilomètres à Valence et nous savons qu'il n'y a rien de mauvais dessus. Maintenant, nous allons chercher la performance dès les essais de Barcelone.
Qu'est ce qu'Alonso aurait pu faire avec la R27 l'an dernier ?
F.B. : La voiture était inconduisible, surtout en début. Ce n'était pas de la faute de Fisichella ou de Heikki [Kovalainen]. Difficile donc de dire l'impact qu'aurait eu Fernando mais nous avons vu lors de ses tests avec la R27 qu'il était immédiatement rapide (ndlr : meilleur temps le premier jour à Jerez, le 15 janvier).
Quel est l'objectif de Renault cette saison ?
F.B. : On a besoin, au départ d'une course, d'être sûrs à 50 pour cent que l'on terminera dans les trois-quatre premiers. Mais il ne pas oublier que Ferrari, McLaren et BMW sont actuellement devant nous.
Vous avez envisagé de quitter Renault l'an dernier. Comment voyez-vous votre avenir ?
F.B. : Le team ne m'a pas encore viré ! Honnêtement, j'aime l'équipe. J'éprouve toujours du plaisir et pour moi c'est important. Je suis sûr d'en avoir encore cette année.